La régularisation des charges locatives est souvent présentée comme une simple opération comptable : on additionne les dépenses récupérables de l'année, on déduit les provisions déjà versées par le locataire, et on obtient le solde à réclamer ou à rembourser.
Dans la réalité, c'est rarement aussi simple.
Bailleur depuis 2008, je fais mes régularisations moi-même. Pendant des années, Excel suffisait. Les difficultés sont apparues quand les situations sont devenues réalistes : un locataire arrivé le 1er février, un autre parti en novembre, des compteurs individuels relevés à des dates qui ne correspondent pas aux périodes de facturation, des changements de tarif en cours d'année, un local professionnel qui ne participe pas aux mêmes charges que les logements…
En cherchant des solutions, j'ai constaté que la plupart des guides s'arrêtent aux cas simples. Or ce ne sont pas ces cas-là qui posent problème aux bailleurs. Les vraies difficultés commencent quand les calculs deviennent complexes et qu'il faut pouvoir justifier précisément chaque montant.
Cet article rassemble la méthode officielle, un calculateur gratuit pour les cas simples, et surtout des exemples chiffrés détaillés sur les situations qui posent problème en pratique.
Le cadre des charges locatives est fixé par deux textes principaux :
Le décret n°87-713 du 26 août 1987 établit la liste limitative des charges récupérables sur le locataire. Tout ce qui ne figure pas dans ce décret reste à la charge du propriétaire. Les six grandes catégories couvrent les services collectifs (eau, chauffage, ascenseur), les dépenses d'entretien courant des parties communes, les impôts locatifs (TEOM notamment), les frais de gardiennage sous conditions, et certaines taxes spécifiques.
La loi n°89-462 du 6 juillet 1989 (article 23) fixe les modalités de paiement. Le bailleur peut choisir entre deux systèmes : la provision sur charges (le locataire verse un acompte mensuel, le bailleur régularise une fois par an sur la base des dépenses réelles) ou le forfait (un montant fixe convenu au bail, sans régularisation — réservé en pratique aux locations meublées).
Quelques obligations importantes à retenir :
Avec le recul de plusieurs années de régularisations annuelles, voici trois pièges qui reviennent régulièrement chez les bailleurs particuliers, débutants ou non.
1. Négliger les relevés intermédiaires. L'erreur que j'ai personnellement faite : sur l'un de mes biens, un lot est calculé par déduction des autres compteurs. Une année, j'ai omis de relever un compteur lors d'un changement de locataire, en plus de travaux qui ont eu lieu entre les deux. Résultat : impossible de justifier la consommation du lot résiduel. J'ai dû abandonner toute régularisation de charges d'eau cette année-là pour ce locataire précisément — les autres, sur compteur individuel, ont pu être régularisés normalement. Les relevés à chaque changement d'occupation sont une discipline incontournable, surtout dans les configurations avec compteur global.
2. Oublier une charge dans le décompte annuel. Quand on gère plusieurs locataires et plusieurs catégories de charges (eau, ordures, entretien, électricité commune…), il est facile d'oublier une facture sur l'année. La conséquence directe : une régularisation incomplète qu'il faudra refaire — ou perdre.
3. Confondre charges récupérables et charges propriétaire. Beaucoup de bailleurs débutants refacturent à tort des dépenses qui restent à leur charge (gros travaux, frais de gestion, primes d'assurance non récupérables). Le décret 87-713 fixe une liste limitative qu'il faut vraiment connaître avant la première régularisation.
Une régularisation propre suit cinq étapes.
Étape 1 — Identifier les charges récupérables. On extrait des comptes de l'année toutes les dépenses qui figurent dans la liste du décret 87-713. C'est l'étape la plus importante : une charge non récupérable refacturée à tort expose le bailleur à un remboursement et à un risque civil.
Étape 2 — Choisir la clé de répartition pour chaque charge. Plusieurs méthodes coexistent selon la nature de la charge et la configuration de l'immeuble :
Étape 3 — Calculer les montants par locataire. À partir des factures et de la clé choisie, on attribue à chaque logement sa quote-part. C'est ici que les calculs deviennent vite complexes dès qu'il y a des locataires entrants ou sortants en cours d'année.
Étape 4 — Régulariser. Pour chaque locataire, on compare le total des charges qui lui sont imputables avec les provisions qu'il a versées dans l'année. La différence est soit à réclamer (si les charges dépassent les provisions), soit à rembourser (si les provisions étaient trop élevées).
Étape 5 — Communiquer le décompte. Le locataire doit recevoir un document clair récapitulant le détail des dépenses, la clé de répartition appliquée, sa quote-part, et le solde à payer ou à rembourser.
En monopropriété, le bailleur n'a pas de règlement de copropriété qui fixe les tantièmes — c'est à lui de choisir une clé cohérente et justifiable. Concrètement, chez moi, je n'applique pas la même clé pour toutes les charges.
Pour les poubelles communes (un bac partagé), j'applique les parts égales entre les occupants qui l'utilisent. C'est la solution qui m'a paru la plus juste et la plus simple : un bac partagé coûte moins cher au volume qu'un bac individuel par logement, et il prend moins de place. Tout le monde y gagne, et tout le monde paie la même part.
D'autres clés sont possibles selon les configurations et les habitudes des bailleurs : répartition au nombre d'occupants (plus précise mais demande de suivre les changements d'occupants), ou répartition aux tantièmes (souvent calqués sur les surfaces ou les valeurs locatives). Aucune méthode n'est "la bonne" universellement — l'important est qu'elle soit cohérente, défendable, et de préférence mentionnée dans le bail.
Pour les répartitions simples, voici un calculateur intégré. Saisissez le montant total à répartir, choisissez la méthode, et obtenez le détail logement par logement.
Cet outil couvre les cas simples. Pour les charges complexes — eau avec compteurs et abonnement, chauffage ELAN, prorata de présence d'un locataire arrivé en cours d'année — les exemples détaillés ci-dessous montrent la méthode complète.
C'est probablement la situation qui génère le plus de questions chez les bailleurs particuliers, et c'est aussi celle où les erreurs de calcul sont les plus fréquentes.
L'eau cumule plusieurs caractéristiques qui rendent son calcul particulièrement délicat :
D'abord, la facture mélange deux composantes : un abonnement fixe (un montant payé indépendamment de la consommation) et une consommation variable (au m³). Ces deux composantes obéissent à des logiques de répartition différentes.
Ensuite, les tarifs changent souvent en cours d'année : les fournisseurs d'eau pratiquent fréquemment un changement de tarif au 1er janvier ou au 1er juillet. La même consommation ne peut donc pas être valorisée au même prix selon qu'elle a eu lieu en début ou en fin d'année.
Enfin, et c'est le point le plus piégeux, les locataires entrent et sortent en cours d'année. Le compteur a souvent été relevé au 1er janvier et au 31 décembre, alors que le locataire n'a occupé le logement que pendant une fraction de l'année.
La méthode de calcul dépend directement de la configuration de votre immeuble. Avant d'entrer dans les détails, il faut savoir si chaque logement dispose d'un compteur individuel (appelé aussi compteur divisionnaire) ou non.
Ce que dit la loi : depuis le 1er novembre 2007, tout immeuble collectif neuf (permis de construire postérieur à cette date) doit obligatoirement être équipé de compteurs divisionnaires d'eau froide pour chaque logement. Les immeubles antérieurs ne sont pas concernés par cette obligation — et ceux construits avant le 15 septembre 1977 en sont explicitement dispensés. L'installation reste alors facultative et peut être décidée volontairement par le bailleur.
En pratique, on rencontre donc deux configurations chez les bailleurs particuliers : les immeubles équipés de compteurs divisionnaires (Cas A), et les immeubles anciens non équipés, qui répartissent une consommation globale entre les logements (Cas B). La méthode de calcul change significativement selon le cas.
Quand chaque logement a son propre compteur, la consommation est mesurée directement au logement. Le bailleur connaît donc la consommation exacte de chaque locataire, à condition que les relevés aient été faits aux bons moments (entrée et sortie du locataire au minimum).
Le piège principal de ce cas : appliquer un double prorata à la consommation.
C'est l'erreur la plus fréquente, et elle peut conduire à sur-facturer ou sous-facturer le locataire de plus de cent euros sur une régularisation annuelle.
Le principe à retenir : l'abonnement et la consommation ne se traitent pas de la même manière.
Quand le tarif change en cours d'année (par exemple le 1er juillet), la consommation totale doit être ventilée entre les deux périodes tarifaires, au prorata des jours dans chaque période.
Locataire arrivé le 1er février, parti le 30 novembre (303 jours de présence). Compteur individuel relevé à l'entrée et à la sortie : 400 m³ consommés. Tarifs : 2 €/m³ au semestre 1, 2,50 €/m³ au semestre 2. Abonnement annuel total : 300 € réparti entre 5 occupants.
1 000,60 €Quote-part totale du locataire (consommation 900,99 € + abonnement 99,61 €). L'erreur classique du double prorata aurait sous-estimé sa quote-part d'environ 70 €.
Dans les immeubles anciens non équipés de compteurs divisionnaires, le bailleur ne connaît pas la consommation individuelle de chaque locataire. Il dispose uniquement d'une consommation globale (relevée sur le compteur général de l'immeuble) qu'il doit répartir entre les logements selon une clé de répartition.
En pratique, la clé la plus utilisée est celle des tantièmes (ou millièmes) définis pour l'immeuble. À défaut, on peut utiliser une répartition à la surface ou aux parts égales, dès lors que la méthode est cohérente, justifiable, et idéalement mentionnée dans le bail.
Le principe de calcul dans ce cas :
Contrairement au Cas A, la quote-part totale du locataire (abonnement + consommation, après application de la clé) est ensuite proratisée par ses jours de présence. C'est logique : on est sur une estimation par répartition, pas sur une mesure directe. Le locataire ne paie que pour la période où il a effectivement occupé le logement.
Exemple synthétique :
Pour un immeuble sans compteur individuel, facture annuelle de 4 000 € (abonnement + consommation confondus), répartie aux tantièmes : un logement à 250 millièmes représente une quote-part théorique annuelle de 1 000 €. Pour un locataire présent 303 jours sur 365 dans ce logement, sa quote-part proratisée est de 830,14 € (= 1 000 × 303/365). Les 169,86 € restants correspondent à la période de vacance du logement ou à un autre occupant.
Beaucoup de bailleurs appliquent par habitude la méthode du Cas B (prorata sur la quote-part totale) alors qu'ils sont en réalité dans une configuration Cas A (compteurs individuels). Résultat : ils re-proratisent une consommation qui ne devrait pas l'être, et ils sur-facturent ou sous-facturent leurs locataires de manière significative.
Inversement, certains bailleurs en immeuble ancien (Cas B) appliquent par excès de zèle une logique de Cas A et estiment la consommation locataire par locataire sans avoir les compteurs pour le faire — ce qui aboutit à des calculs invérifiables et juridiquement fragiles.
« La méthode dépend de la configuration physique de l'immeuble, pas de l'intuition du bailleur. »
Ce niveau de détail peut sembler excessif, mais il a deux vertus :
D'abord, il est juste. Une régularisation faite à la louche peut sous-estimer ou sur-estimer la quote-part du locataire de plus de 100 €. Dans les deux cas, c'est problématique : soit le bailleur perd de l'argent, soit il s'expose à une contestation légitime.
Ensuite, il est défendable. En cas de contestation par le locataire, présenter le détail du calcul — avec les jours de présence exacts, les relevés de compteur, les périodes tarifaires — coupe court à toute discussion. Une régularisation qui peut être expliquée et justifiée est une régularisation qui passe sans problème.
Au-delà du calcul de l'eau, une difficulté revient régulièrement chez les bailleurs d'immeuble entier : toutes les charges ne concernent pas les mêmes occupants. Une facture peut être à répartir sur 4 logements, une autre sur 5, une troisième sur 3, selon la nature de la dépense et la configuration du bâtiment.
Cas concret tiré de ma propre expérience : je gère un immeuble qui mélange 4 appartements locatifs, mon habitation personnelle, et un local professionnel — soit 6 occupants au total. Sur cet immeuble, j'ai deux charges qui se répartissent sur des périmètres complètement différents.
L'eau : un seul compteur global pour tout le bâtiment, donc 6 occupants concernés (les 4 appartements + mon habitation + le local pro). La facture mélange un abonnement fixe et une consommation au m³, à séparer dans le calcul.
Les ordures ménagères : un gros bac partagé, mais le local professionnel a son propre système de collecte. Donc 5 occupants seulement sur cette charge (les 4 appartements + mon habitation), pas 6.
Aucun des logiciels de gestion locative classiques que j'ai testés ne savait gérer ce genre de configuration. La plupart définissent un "immeuble" avec un nombre fixe de lots qui partage TOUTES les charges. Or dans la vraie vie d'un bailleur, chaque facture peut avoir son propre périmètre.
D'autres cas classiques de périmètres variables se présentent fréquemment chez les bailleurs d'immeuble. L'ascenseur est l'exemple le plus connu : conformément à l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965, ses charges ne se répartissent pas sur tous les occupants, mais uniquement sur ceux à qui il est utile — typiquement les étages supérieurs, le rez-de-chaussée en étant légalement exclu sauf cas particuliers (accès à un parking en sous-sol par exemple). La Cour de cassation a même jugé que toute clause d'un règlement de copropriété qui obligerait le rez-de-chaussée à payer un ascenseur qu'il n'utilise pas est frappée de nullité radicale. À chaque fois, le problème est le même : une seule facture, mais un périmètre de bénéficiaires différent du périmètre total de l'immeuble.
Sur Excel, la solution consiste à dupliquer les tables de répartition pour chaque type de charge — ce qui devient rapidement ingérable dès qu'il y a 5 ou 6 catégories de charges différentes.
C'est précisément pour ce besoin que Gestion N°1 propose des groupes de répartition par facture : chaque facture définit ses propres bénéficiaires, indépendamment de la structure globale de l'immeuble. La facture d'eau s'applique aux 6 occupants, la facture poubelles aux 5 résidentiels, la facture ascenseur aux 4 étages desservis — sans avoir à reconfigurer l'immeuble à chaque fois.
Pour les bailleurs concernés par un chauffage collectif au-dessus du seuil d'obligation, la répartition obéit à une règle spécifique fixée par la loi ELAN et codifiée à l'article R.241-13 du Code de l'énergie (décret n°2020-886).
La loi du 23 novembre 2018 (loi ELAN), via son article 71, a généralisé l'individualisation des frais de chauffage dans les immeubles collectifs. La règle technique est codifiée à l'article R.241-13 du Code de l'énergie (et également à l'article R.174-10 du Code de la construction depuis 2021).
Le seuil d'obligation est fixé à 80 kWh/m²/an de consommation moyenne. En dessous de ce seuil, l'individualisation n'est pas obligatoire. Entre 80 et 120 kWh/m²/an, l'obligation s'applique. Au-dessus de 120 kWh/m²/an, l'obligation s'applique sans exemption possible.
Point important : la loi prévoit explicitement le cas du "gestionnaire d'un immeuble entièrement locatif" (la monopropriété). Le bailleur particulier qui possède un immeuble entier est donc directement concerné — au même titre que les syndics de copropriété — par cette obligation et cette règle de calcul.
L'article R.241-13 du Code de l'énergie fixe une répartition en deux parts :
L'article R.241-13 prévoit également que « les situations ou configurations thermiquement défavorables des locaux pouvant être prises en compte » via des coefficients correcteurs. Ces coefficients permettent d'ajuster la quote-part de consommation des logements pénalisés par leur position (dernier étage non isolé, logement d'angle, exposition nord, etc.).
Important : ces coefficients sont optionnels. Leur application reste à l'appréciation du bailleur, et leur valeur doit être déterminée par celui-ci sous sa propre responsabilité. La loi ne prescrit aucune grille obligatoire.
À noter : les frais d'installation des compteurs et répartiteurs (premier équipement de l'immeuble) ne sont pas récupérables sur le locataire. Ils restent à la charge du bailleur. Seuls les frais d'entretien et d'exploitation sont récupérables. Cette distinction est précisée par le décret 87-713 lui-même.
Pour un immeuble de 4 logements avec chauffage collectif et une facture annuelle de 8 000 € :
Si l'un des logements est défavorisé thermiquement (dernier étage non isolé par exemple), le bailleur peut appliquer un coefficient correcteur (0,95 par exemple) sur sa consommation relevée — ce qui réduit légèrement sa quote-part au profit des autres logements. Le tarif unitaire est alors recalculé sur la somme des consommations équivalentes pour garantir la conservation parfaite : la somme des quote-parts égale exactement le montant de la facture.
Le calcul ELAN combine une part individualisée (70% selon la consommation réelle) et une part commune (30% aux tantièmes). L'application d'un coefficient correcteur thermique sur l'un des logements demande de recalculer le tarif unitaire de manière à conserver l'égalité parfaite entre la somme des quote-parts et le montant de la facture.
8 000 € ✓La somme des quote-parts boucle exactement avec le montant de la facture, même avec coefficient correcteur. Aucune perte d'arrondi entre les étapes.
Le calculateur disponible sur cette page couvre les cas standard de répartition : parts égales, tantièmes / millièmes et surface (m²). Pour la majorité des bailleurs qui gèrent un ou deux logements en copropriété avec des charges simples, ces outils sont suffisants.
Excel peut aussi très bien faire le travail tant que les configurations restent simples. Beaucoup de bailleurs s'en sortent très bien avec une feuille de calcul maison, à condition qu'elle reste maintenue dans le temps et qu'elle puisse être justifiée si nécessaire.
Les limites apparaissent quand plusieurs facteurs se croisent : plusieurs locataires entrants/sortants dans l'année, plusieurs périodes tarifaires sur une même facture, plusieurs périmètres de répartition différents par type de charge, un compteur individuel à articuler avec un abonnement commun, des coefficients correcteurs ELAN… À ce stade, Excel devient difficile à maintenir, et le risque d'erreur de calcul augmente.
« Une régularisation qui peut être expliquée et justifiée est une régularisation qui passe sans problème. »
C'est pour ces situations que j'ai développé Gestion N°1 : automatiser les calculs complexes répétitifs, tout en conservant la capacité de justifier chaque montant. L'objectif n'est pas de remplacer le bailleur dans ses décisions, mais de lui éviter les erreurs de calcul qui peuvent coûter cher en cas de contestation.
Pour les bailleurs qui gèrent plusieurs locataires avec compteurs individuels, abonnements à proratiser, et plusieurs types de charges aux périmètres variables, l'investissement est généralement rentabilisé dès la première régularisation annuelle.
Oui. L'abonnement est un coût fixe qui se répartit au prorata des jours de présence du locataire dans la période couverte par la facture.
Sans relevé d'entrée, la consommation attribuable au locataire ne peut pas être déterminée précisément. Il faudra alors estimer sa part par prorata des jours de présence sur la consommation totale relevée entre deux relevés disponibles. Cette estimation est moins précise et plus contestable qu'un relevé direct — d'où l'importance de réaliser un relevé à chaque changement d'occupation.
En l'absence d'un relevé pile à la date du changement de tarif, la méthode standard consiste à répartir la consommation au prorata des jours dans chaque période tarifaire. Cette méthode est juridiquement défendable et largement utilisée.
Non. La taxe foncière reste intégralement à la charge du propriétaire. En revanche, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure parfois sur le même avis d'imposition, est récupérable.
Présenter le détail du calcul, la clé de répartition appliquée, les factures justificatives et les relevés de compteur. Une régularisation correctement documentée résiste à la plupart des contestations. Si la contestation persiste, le locataire peut saisir la Commission départementale de conciliation, gratuite et préalable à toute action judiciaire.
Trois ans à compter de l'exigibilité de la charge, conformément à l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989.
Non, sauf à la contester par voie légale. Une régularisation correctement notifiée (décompte transmis au moins un mois avant, justificatifs accessibles 6 mois) est exigible. En cas de non-paiement persistant, le bailleur peut engager une procédure de recouvrement.
La théorie des charges locatives tient en quelques règles simples. La pratique est souvent plus complexe — surtout pour les bailleurs qui gèrent des immeubles entiers, avec plusieurs locataires aux dates d'entrée et de sortie variables, des compteurs individuels, des changements de tarif en cours d'année, et des charges aux périmètres variables.
Pour les cas simples, un tableur ou le calculateur de cette page suffisent largement.
Pour les cas complexes — eau avec compteurs et locataires en mouvement, chauffage ELAN, périmètres variables — un calcul manuel reste possible mais devient vite chronophage et source d'erreurs.
Gestion N°1 a été conçu pour automatiser précisément ces calculs complexes, tout en garantissant que chaque montant calculé puisse être expliqué et documenté en cas de contestation. C'est la combinaison de ces deux qualités — rigueur du calcul et capacité de justification — qui fait la différence entre une régularisation bricolée et une régularisation défendable.
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